jeudi 31 décembre 2015

La dernière nécropole de Gabriel Eugène Kopp

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition papier.


Titre : La dernière nécropole
Auteur : Gabriel Eugène Kopp
Nombre de pages : 91
Editeur : Editions Griffe d'encre
Genre : SF, hard science
Prix papier : 8.50
Prix numérique : -

Résumé : Petite cuisine cosmologique : de l’art d’accomoder les beignets à la sauce hard-science.
Un artefact en forme de tore, découvert dans la ceinture de Kuiper. Des milliers - millions ? - de gisants, nus et calmes dans une lumière bleue, bercés par une musique aux accents inconnus.
Ici, la lumière courbe l’espace ; les morts sont remplacés à l’identique ; rien n’est mesurable.
Ici, le retournement d’un tore donne un deuxième tore, puis un troisième, au mépris des règles élémentaires de la topologie. Mais la crise du logement est terminée. Enfin, elle le serait si on comprenait comment tout ça fonctionne...
Les scientifiques ont le bourdon.
C’est peut-être qu’ils ne se posent pas les bonnes questions...

Critique :

Apprendre la disparition d'un éditeur, c'est toujours triste. Apprendre la disparition d'un éditeur ayant publié des œuvres aussi originales, c'est une écharde dans le cœur. A l'heure où j'écris cette critique, que j'aurais voulu publier bien plus tôt, en novembre, Griffe d'Encre n'est quasiment plus. Cela me fait autant de peine pour les éditeurs eux-mêmes que pour les auteurs. Ils m'ont fait connaître la novella. Ils m'ont aussi fait découvrir des plumes atypiques, dont Gabriel Eugène Kopp fait partie.

Décrire La dernière nécropole sans vous gâcher l'intrigue est pour le moins ardu. Malgré sa petite centaine de pages, la novella de Kopp baigne dans la hard science la plus exigeante tout en s'autorisant des trouvailles stylistiques et visuelles presque expérimentales ; Griffe d'Encre a d'ailleurs réalisé un excellent travail éditorial en terme de lettrage et de mise en page. Quel est donc ce tore rempli de corps endormis ? A-t-il seulement une fin ? Et qui l'a créé ? Au fil du récit, les interrogations s’amoncellent, les personnages comme les lecteurs vont de mystère en mystère. L'histoire déconcerte, mais toujours dans le bon sens du terme. Impossible de lâcher le livre avant l'ultime page, où le lecteur, peut-être un peu plus décontenancé encore, se trouve avec plus de questions que de réponses. Les lecteurs les moins familiers de la hard science reprocheront peut-être à Gabriel Eugène Kopp de ne pas fournir de solutions toutes cuites et de baser son récit sur des références trop hermétiques pour le commun des mortels, mais l'exploration de l'objet par les héros vaut à elle seule le prix du voyage.

Peu d'éditeurs aurait osé publier une telle novella. Espérons qu'elle saura trouver, tout comme les autres textes de Kopp, une nouvelle maison audacieuse.

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