mercredi 26 août 2015

Les aventures d'Aliette Renoir 1 - La secte d'Abaddon

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition numérique.
/!\ Chronique publiée à l'origine le 5 août 2013 sur Edenia.


Titre : Les aventures d'Aliette Renoir 1 - La secte d'Abaddon
Auteur : Cécilia Correia
Nombre de pages : -
Editeur : Rebelle (grand format et numérique), J'ai lu (poche)
Genre : bit-lit
Prix papier : 18 € (grand format), 6.90 € (poche)
Prix numérique : 4.99 €
Lu sur : Cybook Odyssey HD Frontlight
Format du fichier utilisé : Epub
DRM : sans (tatouage)
Résumé :

En arrivant à Paname, les Allemands s’étaient rendu compte qu’une menace plus dangereuse qu’eux sévissait déjà. Alors, en accord avec leurs autorités, ils laissèrent ma famille, les Renoir, continuer leurs petites affaires. Je vais vous dire : cela aurait été plus simple si j’avais dû zigouiller des rongeurs et encore… j’en avais horreur. Bon, je ne vais pas vous mentir plus longtemps, je déteste toutes les bestioles, qu’importe l’espèce animale. Sauf que la plus terrible de toutes, celle que je traquais chaque nuit demeurait mon pire cauchemar. Mais voilà, l’honneur de la famille restait ma priorité. Si bien que même si j’avais le trouillomètre à zéro, je devais quand même braver mes peurs en affrontant mon ennemi juré : le vampire.

Critique :

Aliette Renoir fait partie de ces petites perles qui prouvent que, oui, les Françaises peuvent faire de la bit lit sans avoir à recopier les Américaines et à faire évoluer leurs personnages dans un contexte purement anglo-saxon (souvent très mal maîtrisé, en raison d'une connaissance purement télévisuelle et littéraire du contexte...). Certes, ce premier tome n'est pas sans défaut, mais je n'ai jamais décroché de la lecture grâce à l'humour de notre maladroite jeune vampire à l'esprit mal tourné. Je me suis surprise à avoir quelques fous rires, notamment au début, ce qui m'arrive rarement. Le style de Cécilia Correia fait mouche et évite d'être générique grâce à son amour pour l'argot. Impossible de confondre un chapitre d'Aliette avec un autre roman de bit-lit francophone, tant le langage y est... particulier ! Voir une héroïne qui sait appeler un chat un chat, mais avec une certaine subtilité tout de même, cela fait plaisir et contrebalance son côté trouillard (qui s'avère très attachant, puisqu'elle parvient à ne pas être une dame en détresse malgré tout). Lawrence, et surtout Sytry, ne sont pas en reste. Les bonnes réparties fusent.

Pourtant, j'ai eu quelques inquiétudes en débutant ma lecture, la faute à un prologue plutôt rapide, qui a certes le mérite de nous mettre directement dans le vif du sujet, mais auquel l'on pourrait reprocher, peut-être, un manque de contextualisation de la vie humaine de notre petite Renoir (qui se révèle plus tardivement). On pourra formuler la même critique pour la fin du grand méchant, là aussi un peu rapide après nous avoir fait frémir à son propos, et manquant peut-être de souffle épique. Enfin, les réfractaires à la romance pourront s'agacer que tous ces mâles odieusement beaux et... hum... dotés d'une grosse intelligence (...) s'entichent de notre héroïne, et que même les situations les plus dangereuses, comme une course-poursuite par des chasseurs de vampires, aboutissent à jouer aux... docteurs. Ce parti-pris est toutefois assumé par l'auteure et justifié par la personnalité d'Aliette, qui a certes des principes, mais aussi l'esprit très mal tourné. Comme toute jeune femme prétendument pure, sans doute. Bref, Aliette, comme la majorité des héroïnes de bit-lit, ne laisse donc pas ces messieurs indifférents, et les lecteurs les plus à fond dans l'art de mettre les héros en couple pourront choisir leur camp entre le prévenant Lawrence et le malicieux Sytry. Personnellement, je vote pour le threesome, parce que nos deux hommes s'entendent tellement bien et parce que ça ouvre tellement de possibilités (il fait chaud d'un coup, non ?).

Néanmoins, ces trois petits bémols - et je ne parle plus du threesome, merci - n'entachent pas le plaisir ressenti à la lecture. Les personnages sont attachants - oui, même la pauvre Roseline, qui, somme toute, m'a fait de la peine - et l'enquête rondement menée. L'univers d'Aliette Renoir, bien que basé sur la mythologie judéo-chrétienne (les vampires de premier rang ont tous des noms de démons de la géotie), parvient à se créer une personnalité propre et s'annonce prometteur. Ce premier tome introductif, une fois fini, donne envie de lire la suite, qui sera plus ancrée dans le cadre historique d'après l'auteure, même si le fait que la Grande Histoire ne soit qu'un personnage secondaire ne m'a pas beaucoup gêné dans ce premier volume, qui visait surtout à nous présenter les protagonistes et l'univers.

En résumé, l'on pourra donc trouver ce premier volume imparfait sur quelques points, et il est certain que les réfractaires à la bit-lit ne seront pas réceptif à cette nouvelle série, en raison du badinage omniprésent entre les personnages. Ceci dit, quel jeune auteur peut prétendre avoir créé quelque chose de parfait ? L'essentiel, c'est que l'écriture de Cécilia Correia, les personnages et l'univers font mouches. Le travail est là et il se sent. A mes yeux, elle se place parmi les plus prometteurs écrivains français du genre.

Pour terminer, notez que je préfère largement la couverture de l'édition Rebelle à celle de J'ai lu, un peu trop dans l'inspiration "Buffy tueuse de vampire des années 40".


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