vendredi 19 juin 2015

Zombies, un horizon de cendres de Jean-Pierre Andrevon

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition numérique.
/!\ Chronique publiée à l'origine le 11 décembre 2010 sur Edenia


Titre : Zombies, un horizon de cendres
Auteur : Jean-Pierre Andrevon
Nombre de pages : 220 pages
Editeur : Le Belial'
Genre : horreur, apocalyptique et, je dirais même, "si ça bouge encore c'est un zombie !"
Prix numérique : 6.99 €
Lu sur : Cybook Orizon
Format du fichier utilisé : Epub
DRM : sans

Résumé :


Premier jour : Au loin, il y a votre voisin. Vous lui faites un signe avant de poursuivre votre route. Jusqu'au moment où vous réalisez que le voisin en question est décédé depuis des semaines...

Troisième jour : Vous ne décollez plus de la télé, qui enchaîne les émissions spéciales : partout dans le monde les morts se réveillent. Apathiques, ils errent au royaume des vivants... 

Cinquième jour : Paralysé de trouille et de dégoût, vous regardez votre femme serrer dans ses bras, au beau milieu de votre salon, une chose qui, un jour, fut sa mère...


Huitième jour : Votre femme vous a quitté après que vous avez réduit en cendres l'ignominie qu'elle appelait « maman ». Derrière vos volets cloués, alors que le chien ne cesse de geindre, ils rôdent.

Neuvième jour : La télé diffuse un reportage au cours duquel on voit une de ces choses dévorer un chat vivant... Ils sont désormais des millions et vous ne vous posez qu'une question : mon monde n'est-il pas désormais le leur ?


Critique :

Petit aparté 2015, avant de revenir à la chronique que j'ai écrit en 2010. Zombies, un horizon de cendres est le premier roman d'Andrevon que j'ai eu entre les mains, mais aussi mon premier roman de zombie et quasiment l'un de mes premiers livres en numérique ! A l'époque, je constatais que les zombies étaient à la mode. C'est toujours le cas aujourd'hui, entre l'énorme succès qu'est The Walking Dead (je m'y suis mis aussi depuis) et la nouvelle série iZombie. Il y a même de la romance avec des zombies, OMFG. Voilà, fin de l'aparté...

Comme m'a dit un de mes amis sur msn hier : "les zombies, ça marche bien en ce moment". Et il est vrai qu'on ne compte plus le nombre de films (les remake des Romero y compris par Romero, Shaun of the Dead, Zombieland...), de jeux vidéos (Dead Rising, un mod pour  Red Dead Redemption), de séries adaptées de BD (ok, il n'y en a qu'une, The Walking Dead) ou séries tout court (Dead Set)... Je suis sûre qu'en cherchant bien, on trouvera des serviettes de table à l'effigie des zombies ! Même si ces morts n'ont jamais totalement disparu de nos écrans, grâce à ce fantastique phénomène cyclique qu'est la mode, force est de constater que leur popularité n'est pas en berne ces derniers temps.

Mais Zombie, un horizon de cendres est sorti en 2004, donc un peu avant cette avalanche de chair putréfiée, et chez Le Belial', qui n'est pas ce qu'on pourrait appeler un éditeur bassement commercial. Bien sûr, un éditeur veut malgré tout vendre, mais il y a ceux qui font main basse sans réfléchir sur tout ce qui sort dans un domaine précis (la bit-lit par exemple*) et ceux qui cherchent avant tout la qualité plutôt que la quantité, sans en être forcément récompensé.

Et Zombies, un horizon de cendres est un bon exemple de cette "qualité". Je ne dis pas ça parce l'auteur est français et que ça se passe en France... Quoique... Parfois, ça fait du bien d'avoir une histoire qui se passe sur son "sol". J'ai tout particulièrement apprécié la lente progression vers l'horreur la plus totale. Dans les films, on passe souvent très rapidement du point A, où les morts se réveillent, au point Z, où une petite poignée d'humains tentent de survivre, comme si toutes les étapes intermédiaires se passaient en une heure. Ici, Andrevon prend le temps de nous décrire l'Apocalypse qui s'installe. Les zombies sont tout d'abord inoffensifs et proie aux élans d'humeur des vivants. Et puis, l'avantage des humains se désagrège lentement mais sûrement, jour après jour... Bien sûr, on s'attend à l'issue finale. On n'en doute jamais. Sans doute l'intrigue est-elle du coup prévisible mais l'écriture est fluide et le roman suffisamment court (ou pas abusivement long) pour qu'on ne finisse pas par se rendre à la lassitude.

Le héros - le narrateur, puisque le livre est en quelque sorte son autobiographie - n'est pas très sympathique. En fait, aucun personnage ne l'est réellement tant la plupart semblent sombrer dans la folie dès le début des évènements. On a du mal à compatir avec l'humanité, principalement car elle nous est montrée dans tous ses travers barbares, au point que l'on en vient plus à plaindre les mort-vivants que nous. Mérite-t-on de vivre ? Peut-être pas... Autant dire que Zombies, un horizon de cendres ne plaira pas à tous les lecteurs, notamment les lecteurs sensibles, qui aiment les héros valeureux, le bien et le mal bien distincts chacun de leurs côtés et les belles fins qui font verser des larmes de soulagement. Le roman est dur et noir. Le style l'est tout autant et n'hésite pas à user de maintes expressions argotiques et crues. Encore un petit point qui chagrinera ceux qui aiment les "beaux mots". Il est même sûr que certains lecteurs détesteront.

* disait à l'époque l'auteure qui, depuis, s'est-elle aussi mise à lire et écrire de la bit-lit... ;)

Pas de lien de vente, l'éditeur n'autorisant pas 7switch à proposer l'affiliation.

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