vendredi 19 juin 2015

Entrechats de Cécile Duquenne

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition numérique.
/!\ Chronique publiée à l'origine le 28 juillet 2011 sur Edenia


Titre : Entrechats
Auteur : Cécile Duquenne
Nombre de pages : 380
Editeur : Voy'[el]
Genre : Fantasy mythologique
Prix papier : 23 euros
Prix numérique : 7,99 euros
Lu sur : Cybook Orizon
Format du fichier utilisé : Epub
DRM : sans

Résumé :

Lorsque la dépouille d’un sphinx est retrouvée dans le désert, c’est l’occasion rêvée pour Khephren, jeune étudiant en magibiologie, de percer le mystère de ces animaux que l’on dit proches des anciens dieux.

Mais à l’heure où magie et technologie se côtoient, et parfois s’affrontent, ses découvertes suscitent inquiétude et convoitise. Prêts à tout pour s’emparer les premiers de la puissance des sphinx, Traditionalistes et Techs font payer à Khephren le lourd tribut du savoir. Tandis que le braconnage des sphinx prospère, la magie s’amenuise…

Surgit alors du désert une aide inespérée : les envoyés des dieux marchent de nouveau parmi les hommes.

Critique :

J'ai cherché le moyen d'entretenir le suspens sur mon avis. En vain. Donc, soyons directe : j'ai adoré de bout en bout. 380 pages de bonheur. J'aime les chats. Voilà. Vous savez tout.

Quoi ? Faut que je détaille plus ? Bon, d'accord...

Quand j'ai commencé à lire Entrechats, je ne savais rien du contenu. Je n'avais pas lu de critiques. Je n'avais même pas lu le résumé, ou alors tellement en diagonale que j'avais juste remarqué le côté égyptien, un point c'est tout. J'avais suivi d'un oeil les aventures de Cécile sur son blog il y a longtemps. En fait, ayant eu l'occasion de lire un très bon manuscrit de Cécile Duquenne en comité de lecture pour le Petit Caveau*, j'ai acheté les yeux fermés en même temps que Le facteur 119 de Lydie Blaizot (un autre roman que je vous conseille, d'ailleurs, même si j'ai moins accroché). Je m'attendais à un bon roman fantastico-historique, et en fait c'est un bon roman de fantasy mythologique. J'ai envie de dire : fantasy mythologique, un peu comme Xena, sauf qu'il n'y a pas dans Entrechats de femmes en cuir faisant des sauts périlleux et poussant des cris qui vous vrillent les oreilles, ni Bruce Campbell en roi des voleurs. Accessoirement, je crains qu'avec cette comparaison on découvre que j'adore des trucs douteux basé sur une vision de la mythologie antique tout aussi douteuse. Donc, non, pas comme Xena, mais disons qu'on entre dans un monde où les dieux et les créatures magiques côtoient les hommes, et où la magie et la technologie se confrontent, mais à la sauce égyptienne, s'il-vous-plaît. Comme j'adore le monde égyptien depuis longtemps, je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'univers de Cécile Duquenne. Quand j'étais gamine, je voulais être égyptologue. Ensuite, j'ai voulu être archéologue ou paléontologue, brièvement Lara Croft. Mais revenons en à Entrechats.

La fantasy de ce roman n'est pas très medieval fantasy et sword and sorcery. Si magie il y a, Cécile Duquenne a opté pour un récit plus proche du policier et de l'aventure. On suit ainsi parallèlement l'enquête d'un inspecteur qui essaye d'élucider le massacre du sphinx et de combattre une secte qui sert de couverture à une mafia tech, les cruelles mésaventures d'un jeune chercheur (Khephren) qui paye cher son intérêt pour les sphinx, la quête de vengeance d'un de ces mêmes sphinx, ou plutôt d'une sphinge et, enfin, la quête de magie du côté obscur de la force, puisque Cécile Duquenne nous dévoile aussi les tribulations de certains méchants, auxquels ont fini par s'attacher malgré tout. C'est d'ailleurs ce dernier point que j'ai particulièrement apprécié : les méchants de l'histoire ne sont pas des figures manichéennes incarnant le mal, mais des êtres humains avec leurs défauts, leurs faiblesses et aussi certaines qualités.

Les personnages m'ont paru globalement crédibles, sauf peut-être pour l'âge donné à Qâa et Meskhenet, qui ont dans la vingtaine malgré leurs responsabilités (chercheur pour l'un, inspecteur pour l'autre) alors qu'on les aurait bien plus imaginé dans la trentaine. Ceci étant dit, j'ai lu après coup que c'était une demande du précédent éditeur de Cécile, L'Olibrius Céleste, mort avant la publication du roman et je n'ai pas non plus été gênée plus que cela. Après tout, on reste dans un univers de fantasy, avec ses codes, une civilisation ayant sa propre culture... Ce qui est impossible ici (diriger une thèse à l'âge de Qâa) peut l'être là-bas.

La fin laisse aussi certaines choses sans réponse. J'espère vraiment qu'il y aura un nouvel épisode se déroulant dans les Terres désertiques et/ou les Terres Croisées, car Cécile Duquenne tient là un univers qui mériterait vraiment d'être étendu, enrichi et mieux exploité encore... Peut-être dans une suite ou une préquelle un peu plus adulte, non pas en terme de plus de violence et de sexe (en fait, je n'estime pas l'abandance de violence et de sexe comme quelque chose de forcément adulte), mais au sens du traitement des thématiques. Par exemple, si j'ai beaucoup apprécié l'opposition politique entre la magie et la technologie, j'ai eu un peu l'impression que cet aspect était dilué sur la fin, qu'on passait à côté de certains enjeux, alors qu'ils étaient essentiels au départ.

Malgré ces quelques bémols, je réitère : Entrechats est un très bon roman. Le style de Cécile Duquenne est très agréable. L'humour permet de désamorcer la tension de certaines situations sans pour autant les faire sombrer dans le ridicule ou se montrer trop inapproprié. Les ellipses dans la narration sont bien amenées.

* Je peux le dire aujourd'hui, ce qui n'était pas le cas à l'époque : il s'agissait de la série Les nécrophiles anonymes. Malheureusement pour nous et heureusement pour Cécile, nous n'avons pas été assez rapides pour le publier !

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