jeudi 21 janvier 2016

Kisasi de Aurore Perrault

/!\ Lu à partir de l'édition papier


Titre : Kisasi
Auteur : Aurore Perrault
Nombre de pages : 116
Editeur : Griffe d'encre
Genre : fantastique, réalite
Prix papier : 9 €


Résumé : De nos jours, à l’est de la République Démocratique du Congo.Les groupes armés qui occupent le pays depuis la fin du génocide au Rwanda utilisent toujours une terrible arme de guerre : les violences sexuelles sur les femmes et les filles.
Aïssata fait partie de ces victimes. La rage qui la porte a fait d’elle un bourreau pour ses anciens tortionnaires et son seul moteur est désormais la vengeance.
Charles, médecin français, dirige un dispensaire en pleine brousse et tente d’aider au mieux les victimes.
Entre magie et convictions morales, un équilibre est-il possible entre celle qui détruit et celui qui répare ?

Critique :

Récemment, un(e) blogueur/euse - dont j'ai malheureusement oublié le nom et le blog - s'agaçait que trop d'auteurs de SFFF se contentent de situer leurs histoires en Occident, quand ce n'est pas aux USA, et que leurs personnages soient majoritairement blancs. Pire encore, la SFFF ne serait que très rarement engagée... Certains avaient alors répliqué ici et là qu'il était normal que les auteurs situent avant tout leurs histoires dans un contexte familier plutôt qu'à l'étranger, car il serait dangereux/idiot d'écrire sur ce que nous n'avons pas expérimenté et encore plus sur une culture étrangère à la nôtre (c'est donc pour cela que tant de Français situent leur histoire aux USA ?). Quant à l'engagement... dans du divertissement ?! Je ne vais pas détailler à quel point je pense tout cela faux pour en venir directement au contre-exemple :

Kisasi prouve à quel point la SFFF peut être engagée, sortir d'un cadre occidental et mettre en scène des héros d'ethnicité différente sans pour autant tomber dans la caricature culturelle prophétisée par ceux qui estiment que l'on ne peut écrire que sur ce que l'on a vécu (et là où on a vécu). Le secret ? De la sensibilité, une documentation soignée sur le contexte (l'auteure nous indique d'ailleurs ses sources si nous souhaitons nous informer) et de l'amour pour ses personnages. La novella est-elle à 100 % réaliste ? Nous sommes dans un cadre fictionnel et fantastique, donc la réponse est, bien entendu, non. Est-ce qu'elle délivre son message avec efficacité grâce à sa plausibilité ? Oui. Car on y croit, on le vit, on s'identifie aux personnages peu importe leurs origines, et ceci jusqu'au bout. Violente, choquante, sans concession, mais aussi émouvante et tragique, cette novella dresse sans manichéisme le portrait de femmes détruites par la sauvagerie de milices sans foi ni loi qui mettent leur pays à feu et à sang et de quelques personnes, tout sexe confondu, qui osent se battre pour elles malgré le danger.

Aurore Perrault fait preuve d'une incroyable justesse et montre que les auteurs devraient avoir moins peur de s'aventurer hors de leur quotidien s'ils en éprouvent le désir.

mardi 19 janvier 2016

Baie sanglante 1 : La recrue de Chris Verhoest

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition numérique.


Titre : Baie sanglante 1 : La recrue
Auteur : Chris Verhoest
Nombre de pages : 
Editeur : Alexan éditions
Genre : policier, M/M
Prix papier : 10 €
Prix numérique : 4,99 €

Résumé : Alec tient « Douceur Café » avec sa sœur jumelle Alice. Ikel est policier municipal. Il n’y a rien, en apparence, pouvant rapprocher ces deux hommes qui viennent d’arriver à St Marzin, petite station balnéaire tranquille. 
Sauf que le bar est situé juste à côté du poste de police. Quand un jeune homme est tué puis déposé près d’une chapelle, Ikel est bouleversé par cette découverte. Il n’avait pourtant pas intégré la criminelle ! Il s’offre un remontant à « Douceur Café » et se confie au beau gérant roux. 
Un second jeune homme est bientôt retrouvé mort à l’école de voile. Même posture, même blessure. Quel but poursuit l’assassin ? 
Mêlé à l’enquête, le flic aux mèches rebelles se rapproche aussi d’Alec. Ils sont encouragés par Alice mais n’osent d’abord pas se dévoiler. Le passé est vivace, la ville est petite. 
Soudain, l’affaire du « tueur de St Marzin » prend une tournure différente pour Ikel, qui entraîne Alec dans son sillage et dans un jeu de cache-cache avec un meurtrier aussi déterminé qu’effrayant.

Critique :

Romance policière ou policier romantique ? Telle est la question !

Les amateurs de Chris Verhoest ne seront pas désarçonnés par Baie sanglante, car celui-ci me semble traiter d'un des thèmes préférés de l'auteur : le coup de foudre. Quand Alec et Ikel se voient pour la première fois, il n'y a (presque) aucun doute : ils sont fait l'un pour l'autre, et cette conviction est mutuelle ! La première partie du roman, tout en développant le fil policier (Ikel assiste l'enquêteur de la PJ), se concentre surtout sur l'évolution de leur relation, des déclarations pleines d'hésitations au grand feu d'artifice charnel en passant par les moments de tendresse qui feront fondre vos petits cœurs (sauf si vous n'en avez plus, mais ce n'est pas mon problème). De quoi contenter les amateurs de romance, qui seront comblés par les moments intimes entre nos deux héros, et peut-être moins ceux de policier, qui pourront trouver la progression de l'enquête un peu trop facile... A ce stade, du moins ! Car la seconde partie du roman s'avère beaucoup plus proche du thriller et, donc, plus violente et plus inquiétante. Pas de temps pour se compter fleurette et penser avenir commun : le meurtrier a un plan qui dépasse de loin les premières déductions d'Ikel quant à ses motivations, et il pourrait bien en pâtir personnellement. Parallèlement, la question de l'homophobie dans le milieu policier surgit lorsque la relation des deux héros est révélée contre leur gré...

Vous le savez déjà si vous avez lu mes précédentes chroniques : la romance et moi, c'est un peu compliqué. Le M/M et moi, ça l'est aussi. Vous pourrez trouver cet aveu étrange, car j'ai chroniqué des dizaines de boy's love pour Coyote Mag. Mais... Si les histoires d'amour sont réussies, rares sont les auteurs qui développent le cadre qui les entoure (que ce cadre soit SFFF, réaliste, policier...). Autrement dit, les enjeux de l'histoire se réduisent souvent à la seule romance. Cela convient tout à fait à nombre de lecteurs, et je le comprends, mais j'ai besoin de plus. Résultat, j'avais peur en commençant Baie sanglante ; non pas peur pour le style ou l'histoire, car je sais que Chris Verhoest est un auteur sérieux, qui travaille ses textes. Objectivement, je n'avais aucun doute quant à la qualité du récit, et, après l'avoir lu, je pense que Baie sanglante se classe aisément dans le haut du panier du genre, ce qui en fait un roman que je recommande à tout amateur de M/M. Subjectivement, je craignais la déception lors de la première moitié du roman - nullement en raison de sa qualité, vous l'aurez compris -, mais la seconde moitié, où l'enquête prend le dessus sans pour autant éclipser le relation des deux héros, a su me convaincre. Je lirai le tome 2 sans hésitation. Quant à savoir s'il s'agit, au final, plutôt d'une romance avec un soupçon de policier ou un policier avec un soupçon de romance, je dirai que tout dépend de la partie qui aura votre préférence ! Et, au fond, cela a-t-il vraiment une importance ?

vendredi 1 janvier 2016

Eros ou Thanatos de Loïc Henry

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition papier.


Titre : Eros ou Thanatos
Auteur : Loïc Henry
Nombre de pages : 109
Editeur : Editions Griffe d'encre
Genre : SF, récit initiatique
Prix papier : 9 €
Prix numérique : -

Résumé : Éros, synonyme d'une existence brève et féconde, ou Thanatos, promesse d'une vie longue de quelques centaines d'années mais asexuée ? Isis, adolescente rebelle de la Cité d Opale, ne dispose plus que d'une poignée de jours avant de choisir. Bien que son monde se résume depuis sa naissance à la liberté surveillée de la Cité, sa rencontre avec Ig, une jeune fille étrange, peut lui ouvrir les portes d un Extra-muros redouté. Et si les enjeux étaient plus vastes encore ?

Critique :

Ne vous fiez pas entièrement au postulat du résumé, comme ce lecteur déçu sur Amazon qualifiant cette novella d'être une histoire remplie de "fadaises", avec des "ados gnangnans et complètement abrutis". Eros et Thanatos est, à mon sens, avant tout un récit initiatique dans la plus pure tradition plutôt qu'un texte de SF qui vous retournera la cervelle.

Isis, qui a grandit au sein d'une société qui surveille ses faits et gestes, se pose des questions sur son avenir comme toute adolescente de son âge et soupire après un beau garçon... qui la décevra inévitablement. Au fil du récit, Isis grandit : ses actions l'amènent à être séparée définitivement de sa famille, puis à comprendre l'étrange monde qui existe par delà les murailles de sa ville natale, grâce au guide incarné par la mystérieuse Ig.

Si les discussions entre les deux principaux protagonistes pourront paraître immature au lecteur adulte et blasé, il est probable que des lecteurs plus jeunes sauront s'identifier à Isis. Au final, la novella n'a que deux réels points faibles. Ce que l'auteur nous révèle du monde d'Isis nous fait regretter que celui-ci ne soit pas plus développé, dans le cadre d'un roman, et le chapitre final, décalé par rapport au reste du récit, donne l'impression d'avoir été ajouté en guise de bonus.

jeudi 31 décembre 2015

La dernière nécropole de Gabriel Eugène Kopp

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition papier.


Titre : La dernière nécropole
Auteur : Gabriel Eugène Kopp
Nombre de pages : 91
Editeur : Editions Griffe d'encre
Genre : SF, hard science
Prix papier : 8.50
Prix numérique : -

Résumé : Petite cuisine cosmologique : de l’art d’accomoder les beignets à la sauce hard-science.
Un artefact en forme de tore, découvert dans la ceinture de Kuiper. Des milliers - millions ? - de gisants, nus et calmes dans une lumière bleue, bercés par une musique aux accents inconnus.
Ici, la lumière courbe l’espace ; les morts sont remplacés à l’identique ; rien n’est mesurable.
Ici, le retournement d’un tore donne un deuxième tore, puis un troisième, au mépris des règles élémentaires de la topologie. Mais la crise du logement est terminée. Enfin, elle le serait si on comprenait comment tout ça fonctionne...
Les scientifiques ont le bourdon.
C’est peut-être qu’ils ne se posent pas les bonnes questions...

Critique :

Apprendre la disparition d'un éditeur, c'est toujours triste. Apprendre la disparition d'un éditeur ayant publié des œuvres aussi originales, c'est une écharde dans le cœur. A l'heure où j'écris cette critique, que j'aurais voulu publier bien plus tôt, en novembre, Griffe d'Encre n'est quasiment plus. Cela me fait autant de peine pour les éditeurs eux-mêmes que pour les auteurs. Ils m'ont fait connaître la novella. Ils m'ont aussi fait découvrir des plumes atypiques, dont Gabriel Eugène Kopp fait partie.

Décrire La dernière nécropole sans vous gâcher l'intrigue est pour le moins ardu. Malgré sa petite centaine de pages, la novella de Kopp baigne dans la hard science la plus exigeante tout en s'autorisant des trouvailles stylistiques et visuelles presque expérimentales ; Griffe d'Encre a d'ailleurs réalisé un excellent travail éditorial en terme de lettrage et de mise en page. Quel est donc ce tore rempli de corps endormis ? A-t-il seulement une fin ? Et qui l'a créé ? Au fil du récit, les interrogations s’amoncellent, les personnages comme les lecteurs vont de mystère en mystère. L'histoire déconcerte, mais toujours dans le bon sens du terme. Impossible de lâcher le livre avant l'ultime page, où le lecteur, peut-être un peu plus décontenancé encore, se trouve avec plus de questions que de réponses. Les lecteurs les moins familiers de la hard science reprocheront peut-être à Gabriel Eugène Kopp de ne pas fournir de solutions toutes cuites et de baser son récit sur des références trop hermétiques pour le commun des mortels, mais l'exploration de l'objet par les héros vaut à elle seule le prix du voyage.

Peu d'éditeurs aurait osé publier une telle novella. Espérons qu'elle saura trouver, tout comme les autres textes de Kopp, une nouvelle maison audacieuse.

dimanche 11 octobre 2015

Mon humour fascinant de Mell 2.2

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition papier.



Titre : Mon humour fascinant (T.1)
Auteur : Mell 2.2
Nombre de pages : 216
Editeur : Editions Sharon Kena
Genre : fantastique, romance
Prix papier : 12.50 €
Prix numérique : 6.49 €

Résumé : Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort... ou pas.
On ne se moque pas impunément de la mort, tôt ou tard, celle-ci se venge.
Théonis attire la malchance, des accidents saugrenus et improbables le poursuivent. Heureusement pour lui, Penny est toujours là pour le sauver. Cependant, ce n’est pas le rôle de la jeune fille, inconsciemment elle lui a volé son job. Chaque blessure que le skateur casse-cou évite se répercute sur cette lycéenne impertinente. Ensemble, ils vont rechercher l’instigateur des multiples événements macabres qui les entourent. Mais qui est réellement la cible ?

Critique:

J'ai vu passer de nombreuses fois ce livre sur mon fil d'actu Facebook sans jamais réellement m'y intéresser. Je ne sais pourquoi, mais j'étais persuadée qu'il s'agissait d'une histoire d'amour ancrée dans un univers contemporain et réaliste, et cela malgré l'aile d'ange apparaissant sur la couverture. Bref, je me disais que ce n'était pas tout à fait ma tasse de thé. Puis, aux Aventuriales, j'ai réalisé mon erreur, notamment en rencontrant l'auteure (avec qui je semble partager une part de d'humour fascinant) et en lisant enfin la quatrième de couverture. Ni une ni deux, je me suis retrouvée à acheter le livre alors que j'avais déjà fait mon achat du salon avec The Pink Tea Time Club (oui, je n'achète qu'un livre par salon). Il faut dire aussi que la couverture mate est du plus bel effet. Sharon Kena a fait du bon travail.

Toujours est-il que j'ai bien fait de céder à la curiosité, car je ne l'ai pas regretté. Mon humour fascinant est un roman à la fois drôle, émouvant et tendre. Alors que je suis toujours sceptique en entamant ce genre de récit, celui-ci a réussi à ne pas m'agacer malgré les histoires d'amour présentent tout du long et le (relatif) jeune âge des protagonistes. Probablement parce qu'il n'y a guère de passages visant à émoustiller gratuitement le lecteur et parce que l'intrigue est bien équilibrée, avec ce qu'il faut de mystère, de passion et de drame, ce qui fait que l'on reste toujours à mi-chemin entre le fantastique pur et la romance paranormale. Ne vous attendez pas à un simple succédanée de Twilight avec des anges, parce que c'est loin d'être le cas, malgré la présence d'un... quatuor amoureux (oui, carrément ! Pourquoi faire moins quand on peut faire plus ?). Ne craignez pas non plus que l'histoire lorgne trop du côté de Felicity Atcock de Sophie Jomain, qui nous propose aussi des histoires d'amour avec des personnages à plumes : dans Mon humour fascinant, la relecture faite des anges et des démons est beaucoup plus loufoque, et, pour avoir apprécié les deux premiers tomes de Felicity Atcock, les deux séries ont chacune leurs propres qualités et sont fort différentes.

J'ai aussi apprécié que des questions délicates, comme le harcèlement scolaire (et "plus", mais je ne tiens pas à spoiler), même si ce n'était pas forcément le sujet principal du récit, ne soient pas traités comme si cela n'avait pas d'importance ou à travers le cliché pitoyable de l'héroïne tombant amoureuse de son ou ses agresseurs. Ici, les hommes dont l'héroïne s'éprend sont loin d'être parfaits - encore heureux, sinon quel ennui - mais, de son côté, elle est loin d'avoir le pardon facile et de se jeter dans les bras du premier salaud venu. A l'heure où certaines semblent penser que ce sociopathe de Grey est le comble du romantisme, c'est rassurant...

Bien sûr, le voyage ne se fait pas quelques bémols. Si Mell 2.2 écrit bien et nous entraîne dans son univers, je trouve que certains verbes utilisés en incise de dialogue ne sont pas toujours appropriés et donnent un effet un peu bizarre. Certaines situations se résolvent un peu trop vite ou sont un peu prévisible. De plus, certains aspects délirants - et assumés comme tel - du récit, l'humour débridé (le titre n'est pas là par hasard et se justifie dans le scénario !), de même que les nombreuses références à la pop-culture japonaise et aux mangas, pourront laisser perplexe certains lecteurs plus habitués à un ton sérieux. Je ne recommanderai donc pas forcément cette série à tout le monde. Par contre, j'ai hâte d'avoir la suite entre les mains !

Vous avez envie de lire ce livre ? Vous pouvez l'acheter dès maintenant en format ePub et Kindle via 7switch, la boutique du distributeur Immatériel.

jeudi 1 octobre 2015

The Pink Tea Time Club de Cécile Guillot

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition papier.


Titre : The Pink Tea Time Club
Auteur : Cécile Guillot
Nombre de pages : -

Editeur : Editions du Chat Noir
Genre : fantastique, steampunk
Prix papier : 11.90 €
Prix numérique : vendu en épisode (0.99 € l'épisode)

Résumé :

Lottie est une jeune Londonienne bien sous tous rapports, même si elle préfère s’informer des dernières modes plutôt que d’apprendre les convenances d’une future femme à marier.
Cependant, lorsque des engeances monstrueuses sorties tout droit d’une dimension parallèle s’attaquent à elle au cours d’une promenade, la lady saute sur l’occasion de chambouler son quotidien.
Mise au parfum par Mr Rabbit, un jeune horloger garant de la fermeture de ces portails, Lottie décide de partir à l’aventure. Dans son empressement passionné, elle embrigade sa sœur et sa meilleure amie avec lesquelles elle forme désormais le Pink Tea Time Club. Un groupe de lecture, en apparences, où l’on parle monstres, créatures fantastiques, royaumes féériques et autres mondes. Pour la soif de découverte, pour sauver Londres mais surtout, pour passer le temps. 
En toute bienséance, cela va de soi…

Critique :

Quelle sympathique novella que ce The Pink Tea Time Club, paru initialement en tant que feuilleton en numérique. Même si l'on pourra regretter que certains personnages ne soient pas plus développés ou que l'aventure s'achève bien vite, format court oblige, Cécile Guillot nous entraîne par son écriture agréable dans un univers fantastique des plus intrigants, où les pieuvres roses côtoient le petit peuple et de dangereux sorciers en quête d'énergie psychique à dévorer. Les nombreux clin d'oeil à l'époque ou à certains chef d’œuvres de la littérature victorienne sauront être appréciés des spécialistes, mais il n'y a nul besoin de connaître parfaitement la période pour se plonger dans l'histoire. Les personnages, loin des héros archétypaux sans défaut, sont terriblement attachants à leur façon, entre monsieur Rabbit, le gardien des portails un poil couard et vantard (malgré lui), Lottie, l'exubérante jeune fille de bonne famille qui aime l'inconvenance et l'idée de devenir une Amazone, ou, encore, sa sœur, enfermée dans un carcan de moralité mais qui se laisse pourtant entraîner dans les mésaventures du fameux Pink Tea Time Club. Et pour nous, lectrices contemporaines, le décalage entre nos codes d'aujourd'hui et ce qui était convenable à l'époque pour une femme rend le texte encore plus savoureux à lire.

Si une suite devait voir le jour, j'achèterais sans la moindre hésitation, juste pour le plaisir de retrouver Lottie et monsieur Rabbit.

Vous avez envie de lire ce livre ? Vous pouvez l'acheter dès maintenant en format ePub et Kindle via 7switch, la boutique du distributeur Immatériel.

mardi 29 septembre 2015

Faiseur de rêves d'Aude Réco

/!\ Ce livre a été lu à partir de l'édition numérique.

/!\ Reçu en SP


Titre : Faiseur de rêves
Auteur : Aude Réco
Nombre de pages : -
Editeur : Auto-édition
Genre : fantastique
Prix papier : -
Prix numérique : 3.99 €
Lu sur : Cybook Odyssey HD Frontlight
Format du fichier utilisé : Epub

DRM : sans

Résumé :

Elle s’appelle Lou et vit dans la rue après le grand effondrement de l’économie mondiale. Lui n’a pas de nom, juste un matricule, car il n’existe pas vraiment. Il sort d’on ne sait où, d’ailleurs. Il est son petit homme des rêves et elle lui accorde une confiance aveugle sans comprendre pourquoi.
Dans une ville coupée du monde par de gigantesques remparts, ils traquent le tueur en série au masque de porcelaine qui sévit à la nuit tombée : Mécanique Asylum. Mais des ombres tout droit sorties de 39-45 envahissent la Vieille ville et entraînent les deux jeunes gens bien plus loin que ce qu’ils pouvaient imaginer, à l’origine de toute vie.

Critique :

Quand j'entame un roman auto-publié, j'ai toujours la crainte que le fond ou la forme pâtisse d'un manque évident de relectures (par l'auteur et/ou par de tierce personnes) et que je sois déçue. Alors, autant vous le dire de suite, Faiseur de rêves fait partie de ces romans auto-édité qui pourraient fort bien paraître presque tel quel chez un éditeur (même si vous vous en doutez puisque je chronique uniquement les livres que j'apprécie ici). Je connais même des romans publiés chez des éditeurs qui sont moins travaillés, mais je ne citerai aucun nom...

Ce qui m'a particulièrement plu dans Faiseur de rêves, c'est son univers mystérieux et onirique qui sort des poncifs que l'on nous offre en ce moment. Bien que l'histoire se déroule dans une ville, il y règne une atmosphère de huit-clos. Les héros sont pourchassés par des mystérieuses créatures, et tout le monde semble ignorer ce qui se passe par delà les murailles de la cité. Après avoir échappé de justesse à un psychopathe, l'héroïne se retrouve embarquée (et nous avec) dans la quête d'un homme mystérieux dépourvu de nom mais capable de donner vie à certains rêves. Et si vous croyez que cela va tourner en une classique histoire d'amour comme sait nous en servir la romance, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Attendez-vous à quelques surprises...

Côté écriture, il est évident qu'Aude Réco a déjà de l'expérience éditoriale. Même si l'on trouve quelques coquilles - pas plus que dans nombre de première édition de romans chez de grands éditeurs -, le style est bon et nous plonge directement dans l'univers étrange qu'elle nous a concocté.

Le point qui m'a chiffonné, ceci étant dit, c'est que toute la première partie du roman promène le lecteur de situation en situation sans jamais rien lui expliquer. Si certains apprécieront le flou qui enveloppe le récit (jusqu'aux actes et motivations des deux héros, qui eux, par contre, semblent parfaitement savoir où ils vont), d'autres n'aimeront guère cette impression de n'être que les spectateurs d'une histoire dont ils ne connaissent pas les tenants et certains des aboutissants. Ce choix est à double-tranchant et, si vous êtes du genre à vouloir obtenir très vite les réponses à vos questions et à ce que tout vous soit expliqué de façon limpide, il se pourrait donc que ce roman vous déplaise malgré ses qualités.